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Myanmar

Trek à Hsipaw – on y retourne !

A table ! Nous voici au village de Pankam et il est l’heure de préparer le dîner, rapidement avant que le soleil ne se couche. Alors que mes compagnons de voyage ont décidé de grimper la colline pour admirer les lumières du soir, je suis restée au village avec le guide et notre hôte. Nous passons aux « fourneaux »…

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Au Myanmar, ce sont uniquement les femmes qui cuisinent chez elles et le guide, un jeune garçon de 20 ans, ne souhaite pas mettre la main à la pâte. La fille de notre hôte, 11 ans, est plus aidante que lui.cuisiner-en-birmanie

Ce soir, nous allons cuisiner de la soupe de concombre, des aubergines, du riz cuit à la vapeur, de la salade de feuilles de thé et des barres d’un mélange d’haricots de soja relevé. J’épluche (c’est marrant, alors que j’ai appris à éplucher vers moi, vers mon pouce, les birmans épluchent vers l’extérieur, et vers leur index), découpe etc.

Il n’y a pas d’eau courante et bien entendu pas de gazinière ou de four. Dans la cuisine, à même le sol, on installe des bûches, un souffleur à manivelle et un petit porte-plat en fer. Les murs de la cuisine sont tapissés de suie et de graisse. Je reçois les instructions de la chef, et je suis chargée de cuisiner, du début à la fin. Calepin et stylo à portée de main, je note rigoureusement chaque instruction.

Au bout d’un moment, la fumée se fait si intense que, les yeux complètement brûlés et en larmes, je suis obligée de capituler et de tendre la cuillère à ma big boss. Pas si facile de cuisiner au Myanmar…
Les autres rentrent ravis de leur promenade. Ils n’ont pas vu le coucher de soleil mais l’apprenti-guide en connait un sacré rayon sur la faune et la flore et leur a enseigné tout ce qu’il pouvait.

Le dîner est fin prêt et nous voilà tous installés à table. Tout est délicieux !
Après le dîner, nous discutons un moment puis sommes interrompus par les coups de klaxon d’un camion ; c’est la livraison annuelle de boissons en bouteille. Tout le monde aide à décharger la centaine de litres d’eau. On reçoit également un peu d’essence, de la farine et des plaques de tôle ainsi que du ciment et des briques. Bien que le village n’est pas très loin de Hsipaw en moto, il sera certainement inaccessibles aux véhicules pendant la saison des pluies, les chemins étant des chemins de terre dans lesquels il est extrêmement facile de s’embourber, sans compter les nombreux glissements de terrain.
Le débarquement à peine fini, nous partons nous coucher. S et moi, les deux seules filles, avons une pièce à part. Nous dormons sur une couche faite d’une natte en bambou et de couvertures, à même le plancher. Il ne fait pas excessivement froid et nous avons la chance d’avoir tout de même deux couvertures chacune. C’est très confortable et le grand luxe.
Le lendemain, nous sommes réveillées de très bonne heure par la basse-cour. Nous prenons le petit déjeuner (je repasse aux fourneaux), toujours très copieux, à 7h et nous mettons en route à 8h.

Nous avons eu le temps de discuter avec un autre guide et d’expliquer que nous ne sommes pas très heureux de la prestation étant donné les promesses faites et le résultat final. Le guide nous donne quelques explications que son collègue n’a pas su nous fournir.
S². prend congés, il a une longue route à parcourir afin de rejoindre Mandalay.

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Le chemin que nous prenons aujourd’hui s’éloigne de la route principale et justifierait presque la nécessité d’un guide. On entend de nombreux oiseaux aux chants mélodieux et l’on aimerait pouvoir s’attarder pour tenter de les apercevoir mais notre guide ne ralentit toujours pas son allure.

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Nous traversons de nouveaux paysages magnifiques, quelques champs brûlés (après les récoltes, pour préparer la terre et la mousson, nous dit-on), une rivière, puis on remonte et fait le tour de la montagne. La fatigue commence à se faire sentir.

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Nous traversons de belles plantations de bananes et en mangeons certaines, tombées à terre, un vrai délice.

Nous arrivons à une petite cascade et trempons gaiement nos pieds dans le cours d’eau, heureux de pouvoir nous rafraîchir un moment. Plus qu’une demi-heure de marche avant d’arriver.

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En route, nous croisons de nouveau des fermiers faisant sécher du maïs en grains. Notre guide arrive alors à nous expliquer que le maïs est exporté en Chine par des transitaires. Pourquoi le font-ils sécher, je ne sais pas exactement. Peut-être pour supprimer une peau extérieure, peut-être car il est destiné à être moulu en farine…

N.B.: après quelques recherches sur Internet, faire sécher les grains de maïs est, comme pour la grande majorité (toutes ?) les céréales, une étape nécessaire et obligatoire afin d'éviter que les grains ne se cassent, attirent les insectes ou pourrissent (entre autre). En gros, un bon séchage permet un stockage sans trop de pertes.

Un touktouk nous attend au bas de la route pour nous ramener à Hsipaw.

Vous vous doutez bien que nous ne sommes pas repartis silencieusement. Nous avons fait part de notre point de vue en soulignant les qualités et les défauts du trek. Nous avons obtenu une petite compensation financière mais surtout, tant la directrice que notre guide étaient heureux d’avoir (enfin) des retours sur leurs prestations. C’est donc avec le sourire que nous nous sommes quittés.

En conclusion, si l’agence que nous avions choisie a encore du chemin à parcourir afin de répondre aux demandes de backpackers européens capricieux (dans un marché touristique qui s’ouvre tout juste et très rapidement), la région de Hsipaw est une région magnifique ainsi qu’une belle étape où effectuer des randonnées en Birmanie. Je lui ai préféré sa voisine Kyaukme, mais c’est une autre histoire…

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