Myanmar

Sagaing, ça gagne pas !

A une vingtaine de kilomètres de Mandalay, de l’autre côté de la rivière Irrawaddy, se dresse Sagaing. Connue pour ses nombreuses collines aux sommets desquels trônent monastères et pagodes, Sagaing est le choix de nombreux visiteurs pour une excursion d’une demi-journée à l’écart des sentiers battus (enfin… plus ou moins).

Nous décidons de consacrer notre journée du vendredi 13 février à la visite de Sagaing, espérant être de retour suffisamment tôt pour nous rendre au marché de nuit de Mandalay.
En attendant à la réception de notre nouvel hôtel, je fais la rencontre de deux allemandes avec qui je discute un peu. Elles souhaitent également se rendre à Sagaing aujourd’hui ainsi qu’à Amarapura. Un grand gourou des taxis leur annonce un prix de 30$ pour elles deux, mais le taxi n’arrive qu’à 12h-12h30 soit 2h plus tard. Etant donné qu’elles ont à peu près le même programme que nous, nous leur proposons de partager le taxi si on peut partir tout de suite, mais le prix monte alors à 40$ et impossible de partir plus tôt. Le grand gourou, pas du genre très sympathique, refuse toute négociation et nous décidons donc de faire le tour comme nous l’avions prévu, en pick-up direction Sagaing.

Myanmar pickup
Après nous être renseignées auprès de la réception, on trouve facilement la rue où passe les pick-ups mais notre pick-up est vide et il faut attendre qu’un certain nombre de passagers arrivent avant que le chauffeur se décide à partir. On perd beaucoup de temps ainsi et le chauffeur décide finalement de tous nous transférer sur un autre pick-up avec plus de passagers pour un départ imminent. Les pick-ups sont de toutes petites camionnettes avec deux bancs pas de tout confort à l’arrière. Les femmes et les moines s’assoient, les marchandises sont calées sur le toit ou sous les bancs/pieds, les hommes restes debout sur le pare-choc arrière ou bien s’assoient sur le toit.
Un co-conducteur est debout sur l’échelle et guide le chauffeur. C’est lui également qui collecte l’argent et fait arrêter le pick-up où les gens souhaitent descendre ou monter.

1h30 plus tard, nous arrivons à Sagaing et décidons de marcher vers le centre-ville, le pick-up nous laissant sur la route à environ 3km du centre touristique. Sur la route, on assiste à une compétition : un énorme bambou est planté dans le sable, un drapeau au sommet et un homme escalade le poteau à l’aide de morceaux de tissu. Il atteint finalement le sommet sous les vivas de la foule. Tout ça ne nous semble à nous, étrangers, pas très safe, le bambou étant à peine tenu par une corde tendue.

Sagaing Sagaing
Nous nous arrêtons dans une petite gargote en bord de rue pour manger. C’est encore une fois très bon et peu cher. Attention néanmoins, on nous emmène un café d’office que l’on devra payer en fin de repas… Encore une petite surprise sur les prix mais ça reste donné, bien sûr… on mange pour à peine 1$.

Nous décidons de prendre un touktouk pour monter la colline de Sagaing, encore fatiguées de notre marche de la veille. Nous le négocions à 500kyats les deux mais il ne peut en fait pas monter jusqu’en haut de la colline. Nous ne comprenons pas trop pourquoi mais cela lui semble de toute évidence interdit. Son touktouk n’est peut être pas assez puissant. C’est donc à pied que nous ferons l’ascension. J’avais lu auparavant qu’à Sagaing, encore une fois, il faut payer des droits d’entrée (3000kyats) et qu’au sommet de la colline, il faut également payer pour les appareils photo. Nous montons donc en espérant trouver un beau point de vue sur le chemin. Finalement, nous arrivons au sommet sans avoir eu à payer.

Sagaing hill Sagaing hill nuns sagaing hill sagaing hill sagaing hill

Nous n’avions déjà pas payé les droits d’entrée (pas vu) et ce sont des petites économies appréciables. La vue est très belle mais je ne suis pas certaine que cela vaille le coup de faire l’aller-retour depuis Mandalay pour cela…. Nous n’avons pas vu d’échoppe de potier ou autre malgré ce qui est écrit dans le guide et notre longue marche. On nous dit plus tard que cela se trouve à 7km de là, dans un petit village un peu plus loin et qu’il aurait donc fallu reprendre un taxi pour cela. Nous préférons rentrer à Mandalay voir les fabricants de feuilles d’or… au final plutôt déçues de Sagaing.

Nous reprenons le même touktouk qu’à l’aller et celui-ci nous dépose à l’arrivée des pick-ups. De suite, nous sommes sommées de monter dans l’un d’entre eux et nous nous exécutons. Le prix annoncé est de 500 par personne, soit moitié moins qu’à l’aller. Néanmoins, encore une fois, le pick-up mettra plus d’une heure à se mettre en route. Lassées, nous sommes sur les nerfs d’avoir perdu autant de temps aujourd’hui. L’expérience de transport avec les locaux me plait beaucoup mais tant la très longue attente que la ville de Sagaing en elle-même ne nous ont pas vraiment plu.

Le touktouk nous dépose à quelques rues des échoppes de feuilles d’or et sur la route, nous croisons de très nombreuses échoppes de pneus de toutes tailles, de garages changeant des roues à la va-vite ou encore de vendeurs de pneus découpés et recyclés soit en sceaux et autres contenants, soit en fines bandes destinées à couvrir les roues des charrettes et diligences.
Nous arrivons finalement devant un petit marchand de feuilles d’or qui nous expliquera la fabrication de ces dernières. Le travail, effectué à la main, est harassant et répétitif. En effet, certains employés ont pour rôle de marteler un paquet de feuilles d’or pendant plus d’une heure et ce à deux reprises, sans pause. Les feuilles d’or sont attachées sur des planches de bois à hauteur de mollet et je ne peux m’empêcher de penser aux problèmes de dos que la position doit leur causer. Le (très) jeune employé nous fait toucher le bord des feuilles, brûlantes.
De jeunes femmes s’occupent ensuite de placer l’or de façon à former des feuilles parfaitement carrées puis à les emballer.
Notre visite a duré une petite demi-heure et nous rejoignons après cela notre hôtel, non sans nous perdre dans le dédale de rues constituant le marché près de chez nous.

Mandalay gold leaves factoryMandalay gold leaves worker

Après une douche, nous repartons vers le marché de nuit. Nous souhaitions négocier un taxi pour le lendemain mais le grand gourou nous annonce un prix très élevé.

Finalement, après un long débat, nous arrivons à obtenir le numéro de téléphone d’un chauffeur de taxi auprès de la réceptionniste afin de négocier les prix directement auprès de lui. La pauvre réceptionniste se fera incendier par le grand gourou qui ne manquera pas de vérifier quel numéro me fut donner. Nous sortons afin de rejoindre le marché de nuit et sur la route, nous nous arrêtons à une pancarte notée « taxi ». Nous discutons avec le frère du propriétaire. Son anglais est parfait ! Il nous explique qu’il s’agit non d’une voiture mais de moto-taxis. Le prix serait de 10000 par personne pour les deux motos avec chauffeurs, pour la journée. On garde cette option en tête mais espérons trouver un peu moins cher.
Les prochains motards croisés sont également intéressés. Leur anglais est malheureusement très mauvais mais ils comprennent notre requête et nous annoncent 5000 par personne, c’est parfait pour nous ! Nous leur donnons donc rendez-vous à l’hôtel le lendemain.
Nous faisons le tour du marché de nuit qui n’est pas très grand. Il y a surtout des stands de nourritures, sortes de brochettes de toutes sortes de poissons frits ou encore tripes qui ne nous attirent pas vraiment. On croise également un bon nombre de stands de livres majoritairement birmans, des lunettes de soleil, du tissu à longhis (j’en achèterai deux, négociés à 5500 les deux) etc. Nous goûtons des pâtisseries traditionnelles, losanges coupés aux ciseaux et trempant dans un sirop de sucre, mais ce ne sont vraiment pas nos préférées.
Sur la route du retour, nous nous arrêtons pour manger des nouilles shan chez à un vendeur ambulant. Pour 500, nous avons droit à un grand bol de nouilles de riz et un petit bol de soupe, le tout est délicieux !

Si tant Sagaing que les transports en pick-up ne nous ont pas convaincus aujourd’hui, l’expérience fut enrichissante. Sagaing, ancienne capitale du royaume de Sagaing, doit avoir de nombreux trésors à découvrir. Malheureusement, ceux-ci sont trop écartés les uns des autres, rendant alors la visite en taxi nécessaire. Une petite heure est suffisante pour gravir les marches de la colline jusqu’à la pagode U Ponya, en faire le tour et redescendre. Non, nous n’avons définitivement pas trouvé la visite de Sagaing extraordinaire ni même nécessaire.

Commentaires (2)

Ecrire un commentaire