kalaw-birmanie
Myanmar

Birmanie – Trek autour de Kalaw

Kalaw m’a faite vivre au jour le jour. Kalaw m’a rappelé qu’en Birmanie, il est impossible de tout planifier. Kalaw m’a offert de superbes rencontres. Aaah Kalaw… si je n’ai su apprivoiser la ville, c’est pour mieux être charmée par ses alentours. Suis-moi, on part en trek avec mes trois mamans belges !

récit-kalaw-birmanie

Lorsque j’arrive à Kalaw, c’est déjà le tout début de soirée. Il est donc grand temps de me mettre à la recherche d’un hôtel pas cher. Au niveau des hôtels, il semble y avoir le choix par ici mais c’est la fin du voyage et je continue de faire attention à mon budget. On me conseille deux hôtels à tout petit prix : le Pine Land Inn et Golden Lily.

Je me dirige vers le premier ; il y a des chambres de libres, je fais un petit tour… c’est très spartiate et n’a pas l’air très propre. On m’annonce 7500 kyats. J’essaie de négocier le prix mais la propriétaire n’est pas très ouverte à la discussion. On s’arrête sur 6000 kyats sans petit-déjeuner mais je souhaite d’abord aller jeter un œil à la Golden Lily. On ne m’en a pas dit du bien mais étant donné l’état de celui-ci, ça ne peut pas être pire. Du moins, je crois. Au Golden Lily, l’accueil est glacial. Non, je ne suis vraiment pas la bienvenue. Enfin, une fois que j’ai trouvé quelqu’un pour me renseigner… Bon la guesthouse est complète, ils attendent un grand groupe pour ce soir. Et je me dis… tant mieux. Car non, ce n’est pas propre. C’est même sale. Je demande s’il peut me conseiller un autre hébergement, il me rit au nez « nous sommes les moins chers, je ne connais rien d’autre ». Me voilà installée au Pine Land Inn.

Je fais la rencontre d’autres voyageurs et je vais prendre une glace avec l’une d’entre elles. Je passe ensuite chez Sam afin de trouver un trek autour de Kalaw de 2 ou 3 jours, mais surtout pas le trek en direction de Inle trop touristique à mon goût. Malheureusement, rien pour le lendemain. Le guide connaissant cet autre trek n’est pas disponible. Bon, il faudra remettre cela au jour d’après…

En rentrant à la guesthouse, je fais la connaissance d’un couple de français se retrouvant à peu près dans le même cas que moi. Ils souhaitaient faire le trek vers Inle mais il n’y a plus de place. Il faut donc penser à un plan B. Le train peut-être ? On échange quelques bons plans puis partons chacun de notre côté.

Afin d’occuper mon lendemain, je prévois d’aller à Pindaya. On y célèbre en ce moment un grand festival. Mais s’il est déjà compliqué de s’y rendre en temps normal, il est impossible de trouver un moyen de locomotion pendant le festival. Damned ! Alors quoi ? Thazi ? Taunggyi ? Aungban ? Les trains sont très matinaux et mes plans ne peuvent être mis à exécution. Bon et bien il faudra alors que je reste à Kalaw…

Le lendemain matin, je me réveille nez à nez avec un cafard sur l’oreiller d’à côté. J’essaye de me remettre de mes émotions en allant prendre une douche… glacée et sale. J’abandonne ! Je ne resterai pas une nuit de plus ici. Je me mets à la recherche de la gare. J’ai entendu parler d’un tout nouvel hôtel dont les prix seraient abordables. 10 min plus tard, arrivée à la gare et toujours à la recherche de l’hôtel, je tombe sur le couple de français. Ils se sont décidés à partir en train vers Inle ! Je décide alors de prendre des renseignements sur le train de nuit vers Yangoun que j’ai l’intention de prendre après ma randonnée. Ô rage ! Ô désespoir ! Le train direct n’a pas de couchette et dure près de 24h. Le chef de gare me le déconseille fermement, ce sont des sièges en bois. Je ravale ma colère européenne. C’est pas grave, je n’aurai qu’à prendre le bus !

Je trouve finalement l’hôtel. Il est tout neuf, tout beau et désert. Une chambre simple coûte 10000kyats. J’essaye de négocier. La propriétaire accepte 8000 sans petit déjeuner et avec un grand sourire svp. Ma chambre simple possède une salle de bain/toilettes privée, une bouilloire, la climatisation, des serviettes propres et le lit semble ultra confortable. Je file chercher mes affaires, dis bye bye à mon hôtel minable et m’installe dans un bain de luxe. On m’offre un thé et le code du wifi. Oui très chère !

Je me rends dans une autre agence de trek, Eversmile. Très sympathique, la jeune fille me propose un trek de 2 jours autour de Kalaw avec une guide, un circuit qui me semble très bien et une nuit chez la famille de la guide. Malheureusement, je suis la seule à vouloir faire un tel circuit pour l’instant et le prix est donc plutôt élevé (autour de 35000kyats). Je me mets d’accord avec la jeune fille pour repasser vers 17h voir si d’autres personnes sont intéressées.

En attendant, je fais une lessive, reprends une douche et pars grignoter un bout au centre-ville. A 17h, la jeune fille d’Eversmile m’annonce que personne ne s’est inscrit pour ce trek. Tant pis, je passe alors chez Sam voir s’il y a du monde inscrit pour le trek autour de Kalaw. C’est le cas et je saute littéralement de joie.Trois autres personnes pour un trek de 2 jours, le trek nous revient à moins de 20000kyats pour les 2 jours. Je dois revenir à 19h afin de rencontrer mes camarades de trek et finaliser la réservation.

A 19h, quelle n’est pas ma surprise ! Je ferai le trek avec trois dames belges francophones qui séjournent également dans mon hôtel. Nous sympathisons très rapidement et les voilà rebaptisées mes trois mamans belges. Elles ont rencontré une coiffeuse d’ici qui les a invitées à manger. Je suis alors également invitée ainsi qu’une amie de la fameuse coiffeuse. Toutes les 6 nous allons donc manger dans un petit café birman et discutons de ceci et cela. Nous voilà grandes amies et sans trop savoir comment, je me retrouve avec un rdv chez la coiffeuse après la randonnée. Finalement mes trois mamans belges m’accompagnent acheter un billet de bus dans un petit bouiboui népalais. J’étais passée comparer les prix plus tôt dans les agences mais malgré mes négociations, n’étais pas descendue en-dessous de 13000 kyats pour faire Kalaw-Rangoun en bus de nuit.

Le vieux monsieur népalais est adorable et me propose le billet de bus à 12000kyats. J’accepte avec plaisir.

De retour à l’hôtel, je file me coucher. J’ai convenu avec la propriétaire de laisser mon linge sur l’étendage pendant le trek, et mon sac caché derrière la réception.

Au petit-déjeuner, mes trois mamans belges partagent le repas de l’hôtel avec moi. Nous partons ensuite en direction du marché pour acheter de l’eau et de quoi grignoter en route. Notre guide, Kozo, et notre cuisinier nous attendent devant chez Sam. Au complet, nous nous mettons en marche. Kozo a fait des études sur l’environnement. La faune et la flore birmanes n’ont aucun secret pour lui.

DSC_0620 (Copier)

Nous marchons à notre rythme et posons de nombreuses questions auxquelles Kozo répond avec plaisir.

J’apprends ainsi que l’huile de ricin dont on trouve beaucoup de graines dans la région, est ici principalement utilisée comme huile de moteur.

J’en apprends également beaucoup sur les méthodes d’agriculture utilisées ici. Voici quelques faits :

  • Les anciens plants de piments sont arrachés puis on les laisse sécher au soleil avant de les brûler ce qui fertilise la terre, ainsi enrichie en nitrates
  • La tanaisie est un puissant anti-moustique lorsqu’on en jette dans le feu.
  • On prépare la terre avec des bouses de vaches et de buffles afin de la fertiliser
  • Pour les plantations d’ail, la terre est préparée avec un mélange de paille et de bouses
  • Pour les plantations de gingembre (qui est très bon marché), il y a 3 récoltes par an.
  • Les martin-pêcheurs, très bleu, sont chassés pour être vendus. Ils valent environ 45000kyats pièce
  • Si l’on est perdu en forêt birmane, il faut suivre les « bow bow » de petits oiseaux communs qui retournent près des villages.
  • Les feux de bois sont interdits par le gouvernement. Néanmoins, celui-ci n’agit pas dans les forêts « privées » (privées ou non d’ailleurs…). Les pompiers n’interviennent pas ou trop tard, que ce soit des feux de forêt ou d’habitation. Il y a en Birmanie beaucoup de feux de forêt afin de nettoyer celles-ci. C’est ensuite plus facile de couper les arbres pour s’en servir pour allumer le feu.
  • Dans la région, de nombreuses forêts de pin ont été entièrement décimées en 3 ou 4 ans ce qui crée un gros manque d’eau du à l’absence d’ombre.
  • On trouve dans la région d’Inle également des plantations de mandarines et de fruits du dragon, en plus des plantations de piment, gingembre et ail.

DSC_0630 (2) (Copier)

DSC_0635 (Copier)

trek-kalaw-birmanie

Notre cuisinier est un véritable cordon bleu ! A chaque repas, nous avons droit à un festin. Avant d’arriver au village où nous passerons la nuit, nous sommes invités par des habitants et un moine bouddhiste à boire une tasse de thé et à manger des majwés, des gaufrettes de farine de riz et de sucre. Les habitants ont vendu des pierres après avoir faire exploser un monticule. Avec cet argent, ils érigent une petite pagode car ils n’ont « besoin de rien d’autre pour vivre au village ».

IMG_20150305_130848 IMG_20150305_184438519

DSC_0650 (Copier)

DSC_0655 (2) (Copier)

DSC_0651 (2) (Copier)

DSC_0658 (2) (Copier)

DSC_0660 (Copier)

DSC_0669 (Copier)

DSC_0672 (Copier)

DSC_0674 (Copier)

DSC_0684 (2) (Copier)

DSC_0715 (Copier)

Oui, ceci est bien une radio solaire !

DSC_0719 (Copier)

DSC_0722 (Copier)

trek-kalaw-birmanie

DSC_0729 (2) (Copier)

le moine bouddhiste et la construction de la nouvelle pagode, ci-dessous.

DSC_0728 (Copier)

Nous passons une bonne nuit de sommeil avant de repartir tôt le matin à travers de nouveaux paysages splendides.

DSC_0740 (Copier)

le foot, langage international…

DSC_0746 (Copier)

DSC_0748 (Copier)

DSC_0753 (2) (Copier)

DSC_0761 (2) (Copier)

DSC_0771 (2) (Copier)

DSC_0773 (Copier)

DSC_0776 (Copier)

DSC_0778 (Copier)

DSC_0786 (2) (Copier)

DSC_0795 (2) (Copier)

DSC_0798 (2) (Copier)

DSC_0812 (Copier)

Nous croisons un homme fabriquant des moellons à la méthode artisanale. Il en fabrique environ 200 par jour et reçoit 30kyats la pièce. Il vit ainsi avec environ 180$ par mois. Les moellons sont revendus par son chef à 200kyats la pièce.

De retour à Kalaw en milieu d’après-midi, je passe chez la coiffeuse. C’est une expérience que je ne regrette absolument pas ! On commence par me laver les cheveux environ une dizaine de fois. Le lavage est loin d’être un petit massage agréable comme chez nous. Ici, on me gratte le cuir chevelu avec les ongles, tire les cheveux (pour qu’ils poussent plus rapidement peut-être ?)   avec des gestes répétitifs mais très professionnels et tout cela se passe à l’horizontale. Je suis en effet allongée ! Pour ce shampooing qui aura duré bien 15 minutes, une coupe et un brushing, je paye 5000kyats. C’est également le même prix si vous souhaitez faire une couleur en plus.

IMG_20150306_174756967 IMG_20150307_215121

Après mon passage chez le coiffeur, je me sens belle, sûre de moi et prête à affronter la capitale. Je fais mes adieux à mes trois mamans belges et pars prendre le bus. Malgré le brouhaha et ma voisine qui a le mal des transports (c’est le moins qu’on puisse dire), je dors comme un bébé.

Commentaires (9)

  • Hello , chouette ton blog . Je suis italo  » belge  » de la région de Charleroi . Je pars dans une semaine pour 1 mois avec une française au Myanmar ( il me tarde d’y être )
    On va également faire un trek mais on verra une x sur place .
    Vive la coiffeuse , au Vietnam aussi tu es allongée , il procède de la même façon .
    Belles photos .
    Je te souhaite bcp de voyages pour cette nouvelle année

    FLORA

    Répondre
  • Do you need to book in advance for a 3 day trek with A1 or you can you book when you arrive in Kalaw? I will be arriving in the beginning of May and am wondering how much time I should plan on spending in Kalaw to arrange my trip.

    Répondre
    • Hello,

      Well I haven’t done the trip with the A1 agency but all of the trips can be booked once you are in Kalaw. You definitely need to arrive one day early, and in the morning though as all the treks leave very early morning and the booking happens the morning before also.

      Répondre
  • Bonjour,

    Peux tu me donner le nom de l hotel et la rue car je vais demain a kalaw … merci

    Celine

    Répondre
    • Bonsoir Céline,
      L’hôtel s’appelle Railroad Hotel. Je n’ai pas l’adresse mais il est juste à proximité de la gare.
      Bon voyage!

      Répondre
  • SUPER TON BLOG que je découvre grâce à voyage forum

    je pards début mars
    pourrais tu me dire la différence entre les 2 treks dont tu parles ?
    merci beauoup
    Hélène
    Belgium

    Répondre
    • Merci beaucoup Hélène ! Je prends beaucoup de plaisir à le rédiger :).
      Les deux treks autour de Kalaw sont organisés par 2 agences différentes (Eversmile ou Sam). Certains treks couvrent la partie Nord de Kalaw, alors que d’autres couvrent la partie Sud. On ne retrouve pas les mêmes ethnies dans le Nord que dans le Sud.
      Tu peux donc faire un choix de parcours par rapport aux ethnies que tu souhaiterais rencontrer. Peu importe où tu iras, les paysages seront toujours sublimes !
      Bon voyage !

      Répondre
  • Je pars en decembre en Birmanie .. Ton récit M a convaincu de faire le trek … J appréhende un oeu quand même mais etre la …. C est super merci pour ce beau récit

    Répondre
  • Merci pour ces photos

    Répondre

Ecrire un commentaire