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Myanmar

Birmanie – Kyaukme : conseils et infos pratiques

Le centre de Kyaukme est tout petit et vous en aurez rapidement fait le tour. Après avoir passé une petite heure à flâner sur le marché, il faudra trouver de quoi vous occuper en attendant votre départ en randonnée. Voici un petit guide pratique de la ville afin de profiter au mieux de votre séjour à Kyaukme.

Tout commence par une prononciation hors du commun… Chaômé. Si la ville m’a parue chaleureuse dès le premier abord, Kyaukme reste éloignée des sentiers battus touristiques, ce qui a ses avantages (et ses inconvénients).

enfants-birmanie

  1. Transports vers et depuis Kyaukme

VERS/depuis Inle

De prime abord, je pensais qu’il serait bien plus simple de se rendre à Inle que cela ne le fut. Pour être honnête, je pensais surtout que ce serait plus économique en comparaisons avec les autres trajets que j’avais pu parcourir.

3 solutions s’offrent à vous :

  • en passant par Mandalay –> plus long mais plus économique. Le moins cher (je me suis battue becs et ongles pendant près de 2 heures à la gare routière) est de prendre un transport pour Mandalay. Le train est le plus économique mais ne passe qu’une fois par jour, vous arrivez tard à la gare et devrez donc passer la nuit à Mandalay avant de reprendre un bus/train pour Inle ou Nyaung Shwe. L’autre solution est de prendre le bus de 5h30 pour Mandalay (3500kyats contre 7100 pour le mini-bus de 8h) et de changer à Mandalay pour un autre bus direction Inle (6500 kyats), départ le soir depuis l’autre gare routière à quelques kilomètres de là. Etant donné que c’est trop simple ainsi, je vous complique un peu le tout : à Kyaukme, vous ne pourrez réserver que le premier tronçon jusqu’à Mandalay. Une fois arrivé, votre place dans le bus pour Inle n’est donc pas réservée, et son tarif non plus. Mais le trajet Kyaukme-Nyaung Shwe vous coûterait ainsi 11000 kyats au plus
  • bus direct de nuit –> plus rapide mais plus cher. Il faut en fait prendre l’un des bus faisant le trajet Lashio – Taunggyi passant par Kyaukme (arrêt à 4km du centre, compter 1000kyats pour un moto-taxi). Là où le bât blesse, c’est que l’on vous fait payer le trajet entier, de Lashio jusqu’Taunggyi, c’est à dire 15300kyats et pas moyen de négocier ! Le billet de bus ne peut pas être réservé partout. Parfois, l’hôtel pourra effectuer la réservation. Autrement, il vous faudra vous rendre à la petite agence de bus se trouvant en plein centre (et non à la gare).
  • mini-bus direct de nuit –> encore plus rapide et encore plus cher. Le mini-bus passe vous chercher directement à votre hôtel vers 18h et arrive dans la nuit vers 2h du matin (ou plus tôt) à Nyaung Shwe. Le prix est d’environ 18000 kyats. Choisir ce mode de transport signifie devoir payer une nuit de plus à Inle où les hôtels sont certainement les plus chers de Birmanie mais pour ceux ayant le sommeil fragile, cela permet de continuer sa nuit dans un lit.

–> Pour les aventuriers, il y a également la possibilité d’attendre au restau-route, l’arrêt des bus Lashio-Taunggyi, pour négocier votre prix avec le chauffeur, s’il reste de la place. Pour info, mon bus était plein.

NB : Ces trajets s’effectuent également très bien dans le sens inverse mais attention, les prix des bus sont souvent plus élevés depuis Inle… (bus direct Inle-Kyaukme environ 17000kyats et bus Inle-Mandalay, 11000kyats, négocié).

vers/depuis hsipaw

En bus :

Des bus reliant Kyaukme à Hsipaw passent très régulièrement puisque les deux villes se situent toutes deux sur la ligne Mandalay-Lashio. Suivant la compagnie que vous prenez, le billet vous coûtera entre 1000 et 1500 kyats. A Hsipaw, les bus se prennent sur la route principale, la Mandalay-Lashio, où se trouve une minuscule station de bus (un bureau et basta ;)). A Kyaukme, le bus nous a arrêtées en plein centre, à l’angle de la rue des deux guesthouses ouvertes aux touristes. Je suppose qu’il se prend donc au même endroit.

En train :

Le voyage en train de Kyaukme à Hsipaw, c’est bien mignon, c’est très bon marché mais c’est très long et il vous faudra également prévoir du retard (attente à la gare que le train daigne arriver). Le train passe une fois par jour dans un sens et dans l’autre.

Et pourquoi pas marcher ?

Si vous avez un brin de motivation et du temps à tuer, vous pourrez également marcher entre Hsipaw et Kyaukme. Je n’ai pas parlé de trekking (en mars 2015, la situation était trop instable pour les treks Kyaukme-Hsipaw) mais bien de marche. Nous avions rencontré une québécoise ayant marché de Kyaukme jusqu’à Hsipaw, le long de la route principale, en quelques heures. C’est bruyant mais faisable.

Autre destination ?

Pour les trajets depuis d’autres destinations, vous pouvez vous référer à > cet article <.

2. se loger à Kyaukme

Kyaukme n’étant pas très touristique, on y trouve peu de choix d’hôtels licenciés pour accueillir les touristes. En mars 2015, il y en avait 3. Un 4ème, hors de la ville, était en construction.

Northern Rock guesthouse

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Située juste en face de la guesthouse dont tous vos guides touristiques font l’éloge se trouve cette nouvelle addition hotelière. La Northern Rock Guesthouse a reçu sa licence pour accueillir des étrangers il y a moins d’un an. Il n’y a pas énormément de capacité d’accueil. Si vous y allez en pleine saison touristique, passez leur un petit coup de fil un ou deux jours à l’avance.

On nous y propose une chambre double (deux lits) économique pour 6000 kyats par personne, ce qui nous convient. Les chambres sont propres et possèdent juste ce qu’il nous faut.

Les douches, il y en a deux, non carrelées, se situent à l’extérieur, en direction de la cour, et ressemblent plus à un coin de cave qu’à une salle de bain. Mais il y a de l’eau chaude, ce qui en soi, est déjà un luxe !

Le wifi ne fonctionnera pas de tout notre séjour.

Pour le petit déjeuner, il faut rajouter 2500kyats par jour et par personne, ce qui était hors de question pour nous étant donné les festins que l’on peut se faire pour ce prix là.

On plaint les personnes dormant dans les chambres simples (environ 7000kyats) ici puisqu’elles ne sont pas complètement cloisonnées mais grillagées à mi-hauteur et que l’on voit donc absolument tout ce qui s’y passe… Pas question de s’y changer donc. Minuscules, comme la plupart des chambres de cette catégorie de prix au Myanmar, on se croirait finalement dans un clapier. Il parait que les hôtels à thème attirent le public et font monter les prix. Amoureux des lapins, vous saurez où passer la nuit à Kyaukme ;-).

Dans la cour, d’autres chambres (ou plutôt suites) plus luxueuses sont à disposition. J’ignore malheureusement leur tarif.

Les propriétaires, un couple de personnes âgées, sont sympathiques et parlent un anglais parfait. La grand-mère notamment, est très instruite et se fera un plaisir de vous raconter des histoires sur la princesse autrichienne ayant résidé à Kyaukme, ou autres récits birmans. C’est néanmoins dans leur maison que vous logerez, et ils pourront vous le faire ressentir.

Nous avons bien aimé séjourner dans cette petite guesthouse. Ce n’est pas un coup de cœur, mais elle remplit sa fonction auprès des backpackers : un lit, des draps propres, de l’eau chaude le tout à un prix dérisoire.

Agrandissez la photo pour noter leur contact.

A Yone Oo guesthouse

L’A Yone Oo Guesthouse, plus communément appelée « Ayo », a longtemps eu le monopole du dodo à Kyaukme. Le propriétaire (ou son fils), en a malheureusement attrapé la grosse tête semblerait-il. Le fait est que personne ne semble l’apprécier dans la ville. Les guides le médisent à mi-voix (il aurait commencé à prendre des commissions extravagantes, avant qu’ils se décident à claquer la porte), les habitants montrent du doigt le témoignage de sa soif d’argent et les touristes… bah les touristes font avec.

L’entrée de l’A Yone Oo Guesthouse est un peu cachée, au fond d’une cour. Lorsque l’on pousse la porte, l’ambiance a l’air très sympathique mais on doit attendre quelques minutes avant que quelqu’un se décide à venir nous accueillir.

Des affiches d’informations, touristiques ou non, sont affichées un peu partout. La carte des prix trônent sur le bureau de la réception, bien en vue. Cela ne concerne que les touristes, bien entendu. Nous y avons suivi deux birmans d’une ONG rencontrés dans le bus. Ils avaient réservé dans cet hôtel et nous avaient dit payer environ 2500kyats par nuit.

Malheureusement, il s’avère que ce prix ne s’applique pas aux touristes. Pour la même chambre, chambre double lits jumeaux, S. et moi devrions payer 20000kyats chacune (on est loin des +10-20% dus à la taxe du gouvernement) ! Et ce pour la catégorie de prix la plus basse. Sans petit-déjeuner, cela va de soi.

Avant de déguerpir à toute vitesse, je pose tout de même une question par rapport à une affiche (était-ce pour un tour ? Ou pour un billet de bus ?) : elle n’est plus actuelle. Nous fuyons à toutes jambes sans demander notre reste. On repassera pour la guesthouse bien tenue ou les bons tuyaux du patron (cf. commentaires du Routard).

One Love hotel

Situé dans un bâtiment neuf et flashy sur la rue principale de Kyaukme, impossible de louper le One Love Hotel. Cet hôtel possède également depuis peu sa licence pour accueillir des étrangers mais je n’en sais malheureusement pas plus. Ce serait apparemment un hôtel de grand standing, « cher », c’est ce que nous diront les locaux interrogés. Cela reste une alternative pour se loger à Kyaukme.

bientôt un 4ème hôtel ?

Notre guide, Thura, nous a montré un nouvel hôtel en construction, bien en-dehors du centre ville, en direction de la campagne mais a proximité d’une route principal. C’est le prochain hôtel du propriétaire de l’Ayo. En connaissant les tarifs de sa petite guesthouse, je me demande bien quels seront ceux appliqués ici ? Loin de tout restaurant ou vie villageoise, la question se pose sur le public ciblé.

je vais profiter d’une heure de wifi pour 200 kyats à l’internet shop face à notre guesthouse (à croire que celle-ci à un accord avec le shop pour que leur réseau internet soit brouillé…).

3. où manger à Kyaukme ?

Ce qui nous a frappées à notre arrivée dans cette ville, fut le peu de restaurants ou locaux où se restaurer. Il y a bien un local à jus de fruits (tous les habitants vous en parleront), mais les prix sont excessifs.

Nous avons donc rapidement trouvé nos petites habitudes…

le marché

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Le marché de Kyaukme, situé en plein centre-ville, bat son plein l’après-midi, vers 15h. Là, vous pourrez acheter de quoi vous restaurer. On y trouve notamment un grand nombres de sucreries/pâtisseries birmanes (on a tendance à demander entre 50 et 100 kyats de plus par pâtisserie aux étrangers, connaitre les nombres en birman est d’une grande aide) mais aussi de beaux fruits, des beignets vapeur fourrés, sucrés ou salés, des snacks etc. Le tout à un prix dérisoire.

le restaurant indien

Il est situé dans la rue perpendiculaire aux deux guesthouses, en direction de la gare routière, à 2 ou 3 pâtés de maisons. Nous y avons passé toute nos soirées. La nourriture y est délicieuse et vraiment bon marché, et la propriétaire est adorable ! Je l’ai d’ailleurs aidée à traduire sa carte en anglais.

On s’y régale de chapatis, de plats à base de riz, de chaï, de soupe de lentilles… Pour donner une idée de prix, un chapati avec petit accompagnement de légumes coûte 300kyats, un chaï un peu moins. Il vous faudra entre 2 et 3 chapatis pour ressortir la panse pleine.

Les plats à base de riz sont un tout petit peu plus élevés, mais on reste à moins de 600 kyats. Attention ! si vous choisissez un plat non indien, il y a de grandes chances pour que ce ne soit pas du fait maison.

le grand café

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Ce fameux grand café se trouve dans la rue principale, l’autre rue perpendiculaire aux deux guesthouses.  Avec ses nombreuses petites tables à l’extérieur tout comme à l’intérieur et les foules de locaux s’y pressant aux premières heures de la journée, impossible de le louper ! Plus vous y allez tôt, plus vous aurez de choix. Nombreuses « viennoiseries » birmanes parfaites pour le petit déj’! Principalement du sucré, mais également un peu de salé. Chaque viennoiserie coûte entre 50 et 200 kyats. Un chai (thé sucré au lait) coûte 250kyats. Juste devant le café un vendeur ambulant propose également des sortes de crêpes et autres, sucrés et salés, préparées devant vous et toutes chaudes dans vos assiettes.

Nous y avons pris notre petit-déjeuner chaque matin, accompagné de bananes du marché.

vendeur ambulant de nouilles shan

Deux fois je me suis laissée tenter par ce vendeur de nouilles shan, dans la rue parallèle à la rue principale à un ou deux pâtés du marché, dans la direction opposée de la gare routière. Il se tient là tous les jours et offre un bol de nouilles shan pour 500kyats. Un délice ! Mais sans viande pour moi (la viande est plutôt… du gras). Mon estomac ne craint pas trop la nourriture de rue !

4. à voir et à faire à Kyaukme

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Kyaukme n’est pas une ville possédant de grands atouts touristiques d’un point de vue occidental. Quelques pagodes en haut de collines, un monastère et des bains chauds à proximité… C’est une ville à taille humaine, paisible, où j’ai vraiment eu l’impression de pouvoir vivre et m’intégrer. J’y ai pris mes petites habitudes sur ces seulement 3 jours passés et j’aurais aimé y rester plus longtemps. Un touriste vient à Kyaukme pour vivre, souffler et peut-être même se reposer d’avoir tant vu après Bagan ou Inle. On y vient bien entendu pour partir dans la campagne et les collines avoisinantes. Pour rencontrer des villageois, se faire inviter ici et là, admirer le paysage, inspirer à fond et expirer avec un grand « Ouaouh ». La région de Kyaukme est réellement magnifique.

Pour bien profiter de cette région, le mieux est de faire un trek moto-à pied avec un guide expérimenté. Nous avons choisi de partir avec Thura car le contact est de suite bien passé avec lui. On a ressenti son professionnalisme mais également son calme et c’est surtout ce qui m’a plu chez lui, me dire que l’on ne serait pas bousculés pour arriver à telle heure à tel endroit. Etant donné qu’il était déjà dans les montagnes à notre arrivée, nous n’avons pas pu faire de trek de 2 jours, mais seulement d’une journée et avions du coup opté pour un trek complètement à moto. Thura avait donc fait venir l’un de ses jeunes amis ou plutôt apprenti qui souhaitait améliorer son anglais  pour conduire la 2ème moto.

Pour un trek à moto pour 2 personnes avec donc deux motos, un guide-chauffeur et un autre chauffeur y compris essence avec un départ à 8h et un retour dans la nuit (peut-être vers 21h), nous avons payé 30 000 kyats par personne. Ca nous a semblé raisonnable, bien que plus cher qu’à Hsipaw.

Aucun regret ! S. et moi avons été ravies de notre journée. C’était tout simplement magique. Nous avons pris notre temps mais avons néanmoins parcouru de nombreux kilomètres, rencontrés de nombreuses personnes nous invitant pour boire un thé, nous offrant ceci ou cela. Une très belle expérience. Thura connait la région comme sa poche et chaque petit sentier. Il a su répondre à nos questions et nous fournir des explications. Il parle également très bien français, bien qu’on ait surtout parlé anglais.

Nous avons rencontré le groupe de voyageurs avec lequel notre guide était dans les montagnes pendant 4 jours avant nous. Ils ont d’abord pris les motos puis ont ensuite beaucoup marché. Ils sont arrivés dans des villages dont certains habitants n’avaient jamais vu d’étrangers et ont vécu une expérience sublime.

Thura est un peu victime de son succès donc n’hésitez pas à le contacter à l’avance pour parler d’un circuit et réserver des dates si vous êtes intéressés.

Thura – thuranaing84@gmail.com 0947308497 – www.thuratrips.page.tl

La guesthouse Northern Rock propose également les contacts d’autres guides qui ont l’air aussi très bien.

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Kyaukme est une étape que j’intégrerais automatique lors d’un long voyage en Birmanie. Cette ville fut une véritable paire de poumons pour moi et l’occasion de me reposer sans avoir l’impression de perdre mon temps. 

Commentaires (3)

  • Bonjour
    J’ai vraiment apprécié votre blog sur Kyaukme. Je compte m’y rendre en février prochain. Pourrais-je vous contacter pour obtenir plus de renseignements sur votre journée de moto-trek?
    Merci. Passez une bonne journée.
    Yves

    Répondre
    • Bonjour Yves,
      Le plus simple pour me contacter est de se rendre sur l’onglet « contacter l’auteur » et de m’écrire votre message, je recevrai ainsi un email :).
      Bon week-end!
      Sophie

      Répondre
  • Bonjour Sophie
    j’ai parcouru votre blog , tres interessant et tres beau. Merci pour ce partage .

    Nous partons en Birmanie Vendredi prochain 20 juillet, pour 3 semaines , en famille, ma compagne et mes 2 grandes filles de 20 ans .
    j’ai le souhait de faire un treck ou mototreck qqle part dans des villages reculés , c’est suivant la meteo ( Juillet Aout… mousson.. trop de pluie pour un treck ou moro treck ? ) et vivre avec les birmans au coeur de leur culture et simplicité.

    Vu le temps plutot court qui me reste pour organiser et prendre des conseils , pourrais je vous contacter par Telephone ?
    merci
    Bien Cordialement
    Jean Claude REGNIER
    STRASBOURG
    06 87 74 30 87

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