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Myanmar

Birmanie – 2 jours au lac Inle

Jamais entendu parler d’Inle ? Je ne vous croirais pas. Le lac d’Inle est la destination touristique par excellence en Birmanie et aucun étranger ne semble pouvoir échapper à cette étape. Je n’ai pas été une exception. Voici le récit d’une très courte étape à Inle…

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La ville la plus proche et la plus animée du lac Inle est Nyaungshwe. Deux jours plus tôt, c’est donc tout naturellement là que j’avais réservé une nuit dans une guesthouse bon marché.

Arrivée à 4h30 du matin à Nyaungshwe après une nuit plus ou moins calme dans le bus, je me dirige lentement mais sûrement vers l’Aquarius Inn avec 3 nouvelles compagnes espagnoles. De très bon matin, on se heurte déjà à un malentendu. Les 3 E. avaient réservé une chambre pour 3 pour 2 nuits. Malheureusement, la réservation n’a été prise en compte que pour la seconde nuit et il n’y a plus de place pour 3 pour cette nuit. Je propose alors au gérant, arrivé entre temps, de partager ma chambre avec les 3 E. s’il y a assez de place. Il s’avère en effet que l’on m’avait réservé la chambre modulable sous les toits. Problème réglé, Nous paierons 9$ par personne et cela sera valable pour les 2 nuits, tout le monde est content.

Pendant que nous réglions ceci, deux espagnoles de plus sont arrivées à l’hôtel. Nous demandons alors s’il serait possible de louer une barque toutes ensemble pour faire un tour du lac Inle et observer le lever du soleil. Quelques minutes plus tard, un batelier vient nous chercher. Aujourd’hui, le marché se trouve un peu plus au Sud du lac. La journée en barque nous coûtera donc 3000 kyats de plus soit 18000 en tout. Nous sommes 6, 3000kyats par personne. C’est donné !

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Il fait très froid ! C’est emmitouflées dans une grosse couverture que nous commençons notre tour en bateau à 5h30 du matin. Il nous faudra bien 30 minutes avant d’atteindre la partie la plus large du lac, où nous pourrons observer le lever du soleil en toute tranquillité. En effet, à cette heure-ci ne circulent que de rares barques de pêcheurs et une poignée de touristes. La foule arrivera plutôt vers 8h et nous serons déjà loin :)…

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je suis épatée par nos talents d’émerveillement tout en grelottant ! Et je ne vous parle pas de l’habile compétition à celle qui exposera le moins ses doigts à la fraîcheur matinale en étant néanmoins capable de prendre de belles photos.

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A l’embouchure du lac, quelques acteurs attendent patiemment que les premiers touristes arrivent. Puis ils nous voient, se redressent rapidement, attrapent leur filet conique ou leur gaffe et hop, c’est parti pour les traditionnelles photos. Le spectacle est étonnant.

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Les intha, minorité peuplant la région du lac Inle, avaient une façon très personnelle de pêcher et de ramer… Ils utilisaient de grands filets coniques rigides pour attraper les poissons, également à l ‘aide d’un trident, et ramaient en enroulant leur jambe autour de la rame, se tenant dangereusement en équilibre à l’extrémité de la pirogue. S’ils ont aujourd’hui abandonné leur cônes volumineux pour de plus classiques filets de pêche, ils continuent néanmoins de ramer à l’ancienne, ce qui leur permet d’avancer tout en ayant les mains libres pour s’occuper de leur filet par exemple.

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Le soleil pointe doucement son nez derrière les montagnes, puis son ascension devient si rapide que l’on en louperait presque le moment fatidique, celui du changement de lumière, où la boule de feu devient cristal, où le froid devient plus supportable, les tons bleutés disparaissent et le lac se met à étinceler.

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Bien que le lac en soi soit magnifique, le plus impressionnant reste la vie sur ce lac. Les maisons à pilotis, les personnes se brossant les dents et crachant par la fenêtre, celles nettoyant leur linge dans le lac ou faisant leur vaisselle, la pêche, la vente, l’achat…

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Nous nous dirigeons ensuite rapidement vers le marché. Le marché change de lieu tous les jours et attire tout autant les habitants de la région (à l’aube) que les touristes en masse (à partir de 9h). Nous souhaitons éviter les marchands pour touristes, et les touristes également. C’est gagné ! Les marchands à touristes commencent à peine à monter leurs étals lorsque nous débarquons. On se promène, grignote, monte jusqu’à la pagode où l’on profite des toilettes dans la cabane au fond du jardin. Puis, à 9h, alors que les étrangers commencent à arriver, nous filons vers de nouvelles aventures.

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La chaleur s’est installée entre temps et nous n’avons plus besoin ni de couverture ni de pull.

Tout s’étant décidé spontanément le matin même, nous n’avons pas pris le temps de s’accorder sur un programme, ce que nous faisons alors maintenant. Nous sommes d’accord sur le fait que nous ne souhaitons pas nous attarder sur les boutiques. Nous souhaitons jeter un oeil rapide à la soie de lotus, aux ombrelles et aux cigares. Etant donné que nous passons devant la fabrique d’argenterie, nous nous y arrêterons également. Nous souhaitons voir les jardins flottants ainsi que le monastère de Nga Phe Chaung. Nous verrons également une pagode, mais sans débarquer. Nous optons pour un programme soft et n’aurons pas le temps de nous aventurer plus vers le Sud ou vers In Dein qui requièrent plus de temps ( et d’argent).

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Enfin, soft… c’est un façon de parler. Il est passé 9h30 lorsque nous arrivons dans le premier atelier et notre batelier a du mal à comprendre que notre visite soit terminée en 20 minutes. La soie de lotus, c’est très intéressant, très beau etc mais la visite de l’atelier est bouclée en 10 minutes et on nous pousse vite vite vers la boutique dont les produits sont tout simplement inabordables. Mais notre batelier est bien installé avec ses amis bateliers, en plein milieu d’une partie de jeu…

Ce sera à peu près le même cirque dans les autres ateliers, petits, visite faite en moins d’un quart d’heure mais nous devrons patienter un peu plus que notre chauffeur daigne se lever. Il faut dire qu’il n’était pas ravi que nous ne nous arrêtions pas partout, et que nous choisissions dans quel atelier nous souhaitions nous rendre, évitant les plus touristiques.

A midi, nous allons manger dans un restaurant sur le lac. Nous souhaitions attendre de rentrer à quai pour éviter de devoir payer trop cher, mais notre batelier insiste et nous cédons donc pour un endroit bon marché. Il y a pas mal de monde et cela prendra donc un certain temps avant que nous soyons toutes servies. Au final, nous passons presque 2h au restaurant. Ici, le niveau d’eau est bas et nous surfons sur la boue. Des employés doivent aider les pirogues en les poussant sur quelques mètres.

Nous visitons les jardins flottants, très impressionnants bien que ce ne soit pas la saison des récoltes. Je me demande comment les propriétaires retrouvent leur parcelle… Des canaux permettent aux habitants de circuler entre les jardins. Petits îlots verts et tranquilles, nous apprécierons beaucoup la ballade, loin de la circulation maintenant bien dense sur le lac.

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Alors que notre tour devait se terminer vers 14h30-15h, nous rentrerons finalement vers 17h, heureuses mais il faut bien l’avouer, fatiguées d’une journée bien remplie.

Nous décidons alors de s’offrir un massage après une douche bien méritée. Par groupe de trois dans une hutte, nous nous faisons alors masser une heure durant. Les techniques de massage sont très similaires à mon expérience sur la plage de Ngapali, mais tout de même un peu moins barbares. Au même endroit sont proposés des cours de cuisine birmane. Aussitôt vus, aussitôt inscrite !

Un petit restau et au dodo !

Le lendemain, après une grasse matinée et un petit-déjeuner copieux, je règle quelques problèmes organisationnels en filant à la poste, das un bureau de change et en figurant comment me rendre à Kalaw le soir-même.  Il est ensuite l’heure de filer vers mon cours de cuisine, accompagnée de 2 E. En chemin, la chance me sourit et je trouve deux fois un petit billet sur la route.

Hier, nous avions choisi un menu composé de 5 plats à réaliser puis à déguster. Tous les ingrédients ont été achetés et préparés à l’avance pour gagner du temps. Carnets de note en main, nous suivons la préparation de chacun des plats très attentivement. Ces notes m’ont servies maintes fois depuis lors. C’est toujours une réussite ;-).

Je pars en direction de Kalaw peu après la fin du cours de cuisine afin d’arriver assez tôt pour trouver un hébergement. Je dis « au revoir » à l’effervescence du lac et à sa pollution et au revoir également au 5 E.

Le lac d’Inle est un endroit magnifique tant pour la richesse de sa culture que celle de sa nature. Observer la vie sur le lac est un moment étonnant. Malheureusement, sa réputation touristique n’apporte pas que du bon. Les nombreuses constructions d’hôtels détruisent la faune, la flore et les montagnes, les ethnies reculent, les jacinthes d’eau disparaissent, les eaux deviennent noirâtres et l’on finit par oublier que les habitants mangent, boivent et se lavent grâce à cette eau. 

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